À première vue, il n'y a rien. Pourquoi faire une réserve là où il n'y a que du sable et quelques algues qui ressemblent à de simples pousses de gazon ?
Parce que dans le sable... il y a du monde. Et ce monde-là, ce sont en partie les cymodocées, ces herbes qui paraissent si quelconques, qui l'attirent et en font la variété et la richesse... On ne les voit pas mais ils sont là. Tapis dans le sable, ou sur sa surface dont beaucoup prennent la couleur. Et ils sont nombreux. Pourquoi ? Parce que les alluvions du Var sont entraînés par des courants qui s'en vont vers le cap d'Antibes et reviennent vers les côtes cagnoises, ce qui constitue une source de nourriture importante pour de nombreuses espèces près de cette partie du littoral.
« C'est même une riche initiative que d'implanter une réserve à cet endroit » commentent Yann Strebler et Stéphane Eliott, du club de plongée Moana. « Des espèces très rares ont pu être aperçues dans ce secteur, dont une qui n'a été vue qu'une fois en Turquie ! »
Vie nocturne effrénée
Si on ne les voit pas le jour, c'est parce que les petits - et parfois grands - habitants sont plus du soir... Et que font-ils ? Ils se promènent, ils cherchent des partenaires selon les saisons, se font des amis, voire plus si affinités. Et si affinités très fortes, ils finissent par donner naissance... Mais le plus souvent, ils font leurs courses : ils chassent, traquent, dévorent... ou se font dévorer. Petit trombinoscope de ces personnages des nuits cagnoises qui sont beaucoup plus animées que ce qu'on ne le pense...