Jorge Velasco a été en 2006 et pendant deux mois et demi l'otage des Farc.Dans son attitude, Jorge Velasco ne laisse rien transparaître de l'expérience qui a été la sienne. Une coupe de champagne à la main, entouré de dix autres Colombiens venus suivre un stage de formation au lycée hôtelier de Nice, il passait hier une dernière soirée dans le restaurant niçois « L'univers » avant de rentrer au pays.
Et pourtant, l'annonce de la délivrance d'Ingrid Betancourt a résonné en lui comme un second retour à la liberté. Car lui aussi a été en 2006 et pendant deux mois et demi l'otage des Farc. « Pas pour des raisons politiques. J'ai été victime d'un rapt économique. Ma libération a été obtenue contre une énorme rançon. L'équivalent de quinze ans de salaire en Colombie... » Sans l'aide du ministère colombien qui l'emploie et la mobilisation financière de toute sa famille, Jorge n'aurait jamais été libéré.
« Lorsque j'ai appris la libération d'Ingrid, j'ai ressenti quelque chose de très fort. Car j'ai connu la même expérience qu'elle. Tout ce qu'elle a raconté m'est arrivé. Les conditions de détention éprouvantes, être déplacé sans cesse d'un endroit à l'autre, avec un sac en plastique pour seul bagage... Ne pas savoir de quoi demain sera fait. C'est la façon habituelle pour les Farc de traiter leurs otages. »
Un drame qui a marqué pour toujours Jorge. « Il est très difficile d'oublier. On ne vit plus de la même façon après ça. Cela n'a pas été facile de retrouver le vrai sens de la vie... »
Mais l'espérance prend quand même le dessus. « Je suis très heureux de cette nouvelle libération d'otages. Je sais que la Colombie peut désormais avoir de l'espoir, vivre des jours meilleurs. Les années noires sont derrière nous. »