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mardi 06 mai 2008

Stéphane Ortelli : « Un cadeau de la vie »

 Allan McNish et Stéphane Ortelli, inséparables dans les bons moments (victorieux ensemble des 24 Heures du Mans 1998) comme dans les moins bons.  :  Photo Franz Chavaroche Allan McNish et Stéphane Ortelli, inséparables dans les bons moments (victorieux ensemble des 24 Heures du Mans 1998) comme dans les moins bons. : Photo Franz Chavaroche

Les images de son effroyable cabriole lombarde ont fait le tour des télés, en France et ailleurs. Tout le monde les a vues... sauf lui. Stéphane Ortelli est un miraculé. Il le sait. Lorsque le proto Courage-Oreca numéro 5, subitement dépourvu d'un élément de son aileron arrière, s'est envolé, à 314 km/h, voilà dix jours, lors des 1000 Kilomètres de Monza, le Monégasque a tutoyé le ciel. Mais sa bonne étoile ne l'a pas lâché.

Revenu en Principauté le soir même, il est depuis hospitalisé à la clinique du sport (IM2S) où les multiples examens médicaux accomplis ont décelé quatre fractures à la cheville droite ne nécessitant pas d'opération, juste trois semaines de plâtre, et... rien d'autre.

Stéphane, tout d'abord, comment ça va ?

Pas mal puisque je suis là, puisque je vous parle. Ma cheville doit rester immobilisée jusqu'au 15 mai. Ensuite, il faudra rééduquer. Franchement, après un tel choc, ce n'est pas cher payé !

Pensez-vous pouvoir fêter les dix ans de votre victoire aux 24 Heures du Mans volant en main le mois prochain ?

ça dépendra de la consolidation. Je

vais tout mettre en oeuvre pour cela mais je n'en fais pas un défi personnel. Même mince, l'espoir d'être opérationnel le 2 juin, jour

des essais préliminaires, existe. On verra. Aujourd'hui, pour moi, l'important est autre part.

Où donc ?

Tous les gens rencontrés depuis l'accident me disent que j'ai eu beaucoup de chance. Moi, je crois au destin. La vie est pleine de mystères. Ce dimanche-là, elle m'a fait un cadeau inestimable en

décidant de me conserver. Apparemment, ce n'était pas l'heure. Alors, plutôt que de cogiter, je savoure. La vie est belle !

Quel souvenir gardez-vous du crash ?

De l'intérieur, il m'a paru très long, interminable. Au moment du décollage, je pensais retomber immédiatement. Mais non ! Après, j'ai toujours gardé les yeux ouverts et je n'ai pas eu peur parce que j'étais persuadé que c'était la fin. En fait, je me suis juste dit : « Tu peux mourir la conscience tranquille car tu n'as pas commis de faute de pilotage ».

Ironie du sort, vous avez failli décapiter votre pote Allan McNish...

Oui, paraît-il. C'est lui qui me l'a dit. Sûr qu'il ne s'était jamais fait doubler de cette façon ! Aux premières loges pour voir ma fracassante réception dans les glissières, Allan a craint le pire. Depuis, on en parle tous les jours.

Monza 2008 après Bucarest 2007 : seriez-vous fâché avec le printemps ?

L'an passé, en Roumanie, j'avais vu le mur arriver de face et j'avais eu le temps d'avoir peur avant de perdre connaissance. Aujourd'hui, j'y repense forcément. Mais je me rappelle aussi de la belle fin de saison réussie quelques mois plus tard à bord de la Saleen Oreca. Revenir plus fort, c'est possible. Je suis bien placé pour le dire.

Recueilli Par Gil Léon
Nice-Matin

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