Newsletter Actualité

Abonnez-vous gratuitement
Nice-Matin

Actualité Cagnes-sur-Mer

lundi 05 mai 2008

Vence : En 68 on manifestait aussi dans les rues vençoises

 Un spectacle rare dans une ville qui comptait 9700 habitants en 1968  :  D.R. Un spectacle rare dans une ville qui comptait 9700 habitants en 1968 : D.R.

Il existe quelques rares photos de mai 68 en terre vençoise. De nombreux témoins ont aujourd'hui disparu. Mais pas de la mémoire de René Vergano, un jeune militant communiste entré au Parti en 1964. « On a manifesté plusieurs fois dans les rues de Vence, par solidarité avec les revendications nationales», se souvient notre interlocuteur. «Nous savions que le phénomène du plus grand nombre pouvait créer ce rapport de force qui a favorisé les accords de Grenelle et les discussions interentreprises qui ont suivi».

Et de poursuivre : « Le nombre de chômeurs qui était de 528 000 en 1968, est descendu à 250 000 en 1969. Les questions revendicatives étaient importantes mais nous voulions aussi et surtout changer la vie dans le travail et les institutions politiques ».

En se retrouvant sur la photo ci-dessus, prise rue Élise, René Vergano se souvient que ce jour-là le cortège avait croisé la contre manifestation initiée par les élus et citoyens de droite pour exprimer leur soutient au Général. « Il n'y a eu aucun incident, les plus stressés étaient les gendarmes qui suivaient les événements. De nombreux artistes installés à Vence participaient eux aussi aux réunions organisées chaque semaine sous la mairie par les responsables syndicaux et politiques. Il y a même le 20 mai un concert improvisé par des jeunes place du Grand-Jardin ».

Dans son livre «Chronique de la vie Vençoise», Anne Verots-Guilbaud écrit : « 1968 change les mentalités. Il y a soudain ce droit de faire la fête. Avant quand on allait au bal, les parents suivaient ou le toléraient, parce qu'à un certain âge il fallait se marier, et donc rencontrer quelqu'un. Soudain on a eu l'impression que l'on pouvait sortir et danser, sans avoir une idée derrière la tête, juste pour le plaisir de s'amuser ».

La liberté sexuelle n'allait pas tarder à arriver, notamment avec l'installation de plusieurs «communautés hippies».

1968 marque aussi l'ouverture du Prisunic, le 1er grand magasin de la cité, malgré la farouche opposition d'Émile Hugues qui annonçait « la mort du petit commerce Vençois ».

C'est également l'urbanisation galopante, la transformation des cultures de fleurs en plein air, en cultures de serre. Les surfaces agricoles diminuent et la production régresse de moitié entre 1968 et 1969. En ville, la croissance de la population et le développement touristique posent déjà de réels problèmes de circulations et de logements.

Les terrains et jardins disparaissent pour laisser la place aux villas et immeubles. En 1968 Vence fait sa révolution urbanistique.

G. Castex
Nice-Matin

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités