Sécurité routière, lutte contre la pollution, fluidité du trafic et harmonistation des vitesses sont les quatre facteurs à l'origine de la réduction de la vitesse sur l'A8 annoncée, hier, par le préfet. : Photo Richard Ray C'était la surprise du préfet : hier matin, à l'occasion d'une conférence de presse à Nice consacrée au dispositif interministériel de sécurité estivale, Francis Lamy a annoncé qu'il allait signer dans la journée un arrêté limitant la vitesse à 110 kilomètres/heure « dans tout le département, sauf là où elle est déjà limitée à 90 ». Date d'effet, le 15 juillet.
La nouvelle a évidemment pris tout le monde de court, même si elle semblait s'imposer depuis quelque temps : les portions de l'A 8 où l'on peut rouler à 130 ne sont plus très nombreuses sur les 76 kilomètres de la traversée des Alpes-Maritimes depuis que le tronçon Antibes-Nice est « tombé » à 110 voici environ un an.
La mesure, en tout cas, ne sera pas limitée dans le temps, et certainement pas à la saison estivale. « Rien n'est jamais définitif, a précisé le préfet Lamy, mais si cet essai est concluant, il sera maintenu. »
Quatre raisons ont prévalu : la sécurité routière et la lutte contre la pollution, bien sûr, mais aussi la fluidité du trafic et, surtout, la nécessité d'harmoniser les limitations de vitesse.
S'agissant de la sécurité, tout le monde le sait : rouler à 110 km/h au lieu de 130 permet de s'arrêter, en cas d'urgence, en 112 mètres au lieu de 129. Des distances de freinage qui passent respectivement à 163 et 222 mètres sur route mouillée... Quant à la fluidité du trafic, la notion est récente : des expériences menées ces derniers mois dans la vallée du Rhône, à l'occasion de départs en vacances, ont montré que la réduction de la vitesse à 110 supprime les ralentissements, voire les bouchons.
Eviter les « confusions »
Pour autant, ce qui a poussé le préfet à franchir le pas, c'est avant tout, selon lui, « la nécessité de rendre plus lisibles les limitations de vitesse ». Explications : tout au long des 76 km de l'A 8 dans le département, les panneaux se succèdent, passant allègrement de 110 à 130, puis de 130 à 110, avant de tomber à 90, puis de repartir à 130... Résultat : beaucoup d'automobilistes ne savent plus à quelle vitesse se vouer...
Bref, « tout cela est source de confusion », estime Francis Lamy. Ce faisant, il répond, comme il le précise lui-même, à une « préconisation » récente de Michèle Alliot-Marie, juste avant qu'elle ne quitte le ministère de l'Intérieur. « Je demande aussi au directeur départemental de l'Equipement de recenser les éventuelles incohérences de signalisation dans le département », ajoute le préfet.
Mais le mot de la fin revient au... gendarme : « Cette réduction de la vitesse maximale à 110 permettra aussi aux automobilistes d'éviter de se retrouver en excès de vitesse ! » conclut le colonel André Pétillot, commandant de la gendarmerie dans les Alpes-Maritimes. Voilà qui n'est pas faux...