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Nice-Matin
Actualité Alpes-Maritimes
mardi 04 novembre 2008

Alpes Maritimes - Nice : l'Irak revend le yacht de Saddam Hussein

 Début août, dès que l'Etat irakien fut en droit de récupérer l'Ocean Breeze, l'ancien yacht de Saddam, amarré depuis plus de huit mois à Nice, le bateau fit route vers un chantier naval chypriote où il aurait été depuis remis à neuf en vue de sa mise en vente.  :  Photo AFP Début août, dès que l'Etat irakien fut en droit de récupérer l'Ocean Breeze, l'ancien yacht de Saddam, amarré depuis plus de huit mois à Nice, le bateau fit route vers un chantier naval chypriote où il aurait été depuis remis à neuf en vue de sa mise en vente. : Photo AFP

L'idée de transformer l'ancien yacht de Saddam Hussein en musée à la mémoire du martyr du peuple irakien a fait long feu. A peine récupéré cet été à Nice par le gouvernement de Bagdad, l'Ocean Breeze vient d'être mis en vente. « Nous avons finalement décidé de vendre le yacht de Saddam Hussein qui avait longtemps été amarré dans le port de Nice. Les ministères des Finances et des Affaires Etrangères ont été chargés de la transaction », a indiqué hier Ali al-Dabbagh, le porte-parole du gouvernement irakien.

Fin donc du feuilleton qui, l'automne dernier, avait d'abord vu le somptueux « paquebot personnel de Saddam » être immobilisé sur la Côte d'Azur. L'Irak, alors, avait obtenu la saisie du yacht... porté disparu depuis la chute du régime du Raïs en 2003.

Pas perdu pour tout le monde cependant. Depuis lors le Basrah Breeze - c'est son premier nom de baptême en référence à la ville de Bassorah - battait étrangement pavillon des Iles Caïmans. Et c'est Me Amir-Aslani, l'avocat français du gouvernement irakien, qui le localisa en mer Méditerranée. A Villefranche très précisément.

Officiellement, il était devenu propriété d'une société britannique, la Sudeley Ltd. Par quel miracle ? Me Amir-Aslani s'employa durant de long mois à établir que la Sudeley Limited n'était en fait qu'une façade, derrière laquelle se cachait le Royaume de Jordanie.

Moitié yacht, moitié destroyer

Le différend judiciaire débordait alors sur la scène diplomatique. Et il fallut plus de huit mois pour le solder. Dans un courrier du 1er juillet, l'Etat jordanien finissait par annoncer qu'il renonçait à toute prétention sur ce luxueux bâtiment de 82 mètres que Saddam s'était fait construire au Danemark en 1981.

Un vrai happy end. « Le retour de l'ancien Basrah Breeze dans le giron de l'état irakien est un signal fort lancé à la bande à Saddam. L'époque est définitivement révolue où ils pouvaient mener grand train sur le dos du peuple, se félicite l'avocat français du gouvernement irakien. Plus de 100 milliards de dollars ont été détournés par Saddam. Là, hélas, nous ne récupérons qu'une miette de ce butin, mais ce n'est qu'un début. »

Une miette évaluée tout de même à 23,5 millions d'euros par un cabinet londonien lorsque la Sudeley Ltd, avait déjà mais en vain tenté de le mettre en vente. L'Ocean Breeze est, il est vrai, un yacht particulièrement somptueux : deux piscines, des salles de bains équipées d'une extravagante robinetterie en or massif, un petit théâtre, une aire d'atterrissage... et un système de sécurité digne de la parano légendaire de son ex-propriétaire. Mi-yacht, mi-destroyer, il serait doté d'un système de lance-missiles et parcouru de proue en poupe, de passages secrets façon James Bond censés permettre à ses occupants de fuir le navire en catimini.

Jean-françois Roubaud
Nice-Matin
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