: « Ce n'est pas le fisc, je ne viens pas vous demander de l'argent », plaisante Louis Nègre en déboulant chez la Fleuriste du début de l'avenue des Oliviers.
Accompagnés de certains de ses élus et de Louis Baume, Vice-président de la CCI, le sénateur-maire a arpenté hier le bitume pour prendre le pouls des commerçants, 4 mois après le lancement d'une campagne de communication initiée par la Chambre de commerce et d'Industrie et soutenue par les municipalités.
Et, a priori, le commerce se porte plutôt bien.
Au Cros, en tout cas.
Et, selon le sénateur-maire, c'est presque normal : « L'union fait la force, et en plus comme vous êtes souriants, forcément tout va bien », lance-t-il entre deux chemises chez Piero Lazzari au 27 de l'avenue.
Moins de chance, côté popularité au magasin de bricolage... Le vendeur s'excuse : « Je ne sais pas qui vous êtes. Le maire, ah ? Mais ça ne fait pas longtemps que je suis là ». Ceci expliquant cela...
En face, des bouchers heureux ! Louis Nègre demande : « Qu'est-ce que ça donne malgré la crise ? »
Grands sourires des deux costauds : « On résiste, ça va ! ». Chez Fabienne, prêt-à-porter féminin, même enthousiasme.
Par l'odeur alléché, voilà le cortège qui pénètre chez Art Gourmand. Du sucré, du salé... et « 15 % en plus », affirme le patron. « Mais où est la crise ? », s'interroge Louis Nègre.
Direction le magasin... de lingerie fine, chez Carine. Et c'est Annie qui reçoit. « Regardez, je viens avec toutes les huiles », lui sourit le maire. « Et je devrais être épanouie ? », grince un chouïa la commerçante. « Mais oui, on passe vous voir, la ville, la CCI, le Plan Fisac on fait des choses pour les commerçants et vous résistez à la crise. Le monsieur à côté il est même à +15 % », se rengorge Louis Nègre. Mais Annie grimace encore un peu : « Moi avec le textile chinois, je ne suis pas à + 15 %...»
Silence.
« Enfin je suis quand même à + 2 % ! », finit-elle par lâcher.
Soulagement... « Au revoir madame ».
Direction l'Etoile d'Or. « La crise, quelle crise ? Il n'y a pas de crise ! », déclare Didier !
Boutade de Louis Nègre : « C'est M. Novelli (1) que l'on devrait faire venir ici, il serait content ».
Content ? on l'est aux Saveurs de Maé juste en face. Mais on le serait encore plus si « la rue devenait piétonne à partir de 19 h 30, parce qu'avec le bord de mer toutes les voitures viennent se garer chez nous et c'est un enfer », soutiennent Delphine et Gilles, les patrons. « On aimerait pouvoir sortir des tables et des pots de fleurs, vous ne voulez pas essayer monsieur le maire ? ».
Louis Nègre hausse les épaules : « Pourquoi pas » et chuchote à l'oreille d'un élu.
Même cri à la Criée, le poissonnier du Cros : « Il y a trop de voitures, j'ai des clients qui ne viennent plus. Sinon tout va bien ».
Tout va bien, avenue des Oliviers... Jusqu'à presque en étonner Louis Nègre.
Petit goût de bouchon quand même... En provenance de la cave à vin. Les Dimanches malins ? « On perd de l'argent : 300 euros à chaque fois ». L'avenue des Oliviers ? « Ca ne va pas du tout l'alimentaire ne se marie pas avec l'artisanat. On ne fait pas bon ménage ».
1. Hervé Novelli est secrétaire d'Etat chargé du commerce.