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Nice-Matin
Actualité Cagnes-sur-Mer
samedi 10 janvier 2009

Christine Schoenn : la vie au deuxième rebond

 Vingt-quatrième joueuse mondiale en fauteuil, Christine Schoenn, 41 ans, est championne de France d'handi-tennis depuis fin novembre. La seule différence : deux rebonds permis...  :  Photo Franck Fernandes Vingt-quatrième joueuse mondiale en fauteuil, Christine Schoenn, 41 ans, est championne de France d'handi-tennis depuis fin novembre. La seule différence : deux rebonds permis... : Photo Franck Fernandes

« L'homme est infiniment possible ». Une devise qui lui va bien. A la voir virevolter sur un court du parc Sauvaigo, assise mais si véloce, creusant de sillons la terre battue mais si aérienne, on comprend le sens de la vie. De sa vie. Égérie du club cagnois, Christine Schoenn, 41 ans, est la nouvelle championne de France d'handi-tennis. Fin novembre, son revers redouté a fait plonger au tie-break Arlette Racineux, la n°2 française. Un combat de trois heures. « Le mental a fait la différence ». Difficile de croire qu'il y a huit ans, cette directrice de magasin de moto à Monaco n'avait jamais touché une raquette ! « Ce sport ne m'attirait pas. J'étais ski, - j'ai grandi dans la neige, à Chambéry -, équitation, natation... » C'était avant. Avant ce 6 octobre 2000. Le jour où une voiture percute sa moto sous un tunnel de la moyenne corniche. Le trou noir. Un mois d'hôpital, cinq de rééducation. Elle a 33 ans. Son couple se brise. Elle remarchera. Péniblement. Avec des douleurs terribles. Mais elle ne peut plus ni courir, ni grimper des escaliers. Adieu les sports de valide. Deux ans de dépression.

La danse du fauteuil

Jusqu'au coup de foudre. Ce jour de 2002 où ses yeux vert noisette perdus croisent le fauteuil roulant alerte au coup droit précis de Bernard Fasanelli. « C'était une danse ! Je me suis dit « C'est possible... » C'est le sport qui m'a sauvé de la dépression ». C'est le Lions Club qui lui offre son premier fauteuil à 4 000 e. « C'est juste un instrument de sport au même titre qu'un bobsleigh, qu'il faut dédiaboliser ». L'ex-gendarme à cheval ne peut plus galoper. Mais devient accro à la balle jaune. Dompte son engin, aiguise son coup droit, se frotte à l'impossible équation du déplacement et de la technique. Se lance, âme perdue, dans la compétition. Son anti douleur. « Quand elle est arrivée, elle était renfermée. Le tennis l'a transformée », confie fièrement Hervé Spielman, président de l'US Cagnes Tennis. Sa ténacité paye. En 2007 et 2008, la jeune femme est vice-championne du monde par équipe !

Christine, sauvée, veut aider les autres accidentés à « se reprojeter dans l'avenir grâce au sport ». Au centre Héliomarin de Vallauris où elle est tombée amoureuse de son kiné durant sa rééducation, un court de tennis a poussé grâce à elle. « Basket, pétanque, tir à l'arc en fauteuil et même voile et plongée leur permettent de retrouver la sensation du mouvement libre ». Essentiel quand on essaie de se reconstruire. Infiniment positive, elle n'en veut pas au chauffard qui lui a brisé le corps. Mais pas le coeur. « Je ne veux pas mettre du noir dedans ». Ni la vie. « Sa deuxième vie », comme elle dit. Pour l'accident, si elle a eu gain de cause en 2008, l'assurance adverse a fait appel. Elle n'a perçu aucune indemnité à ce jour. Or, se maintenir au plus haut niveau coûte cher. « 20 000 euros pour une saison. Aidée par les collectivités locales, je cherche aussi un sponsor ».

« Les JO, un rêve »

Cette année, la Grassoise fidèle à son club cagnois, a participé à une vingtaine de tournois internationaux aux Etats Unis et en Europe. Ses priorités : les JO de 2012, « un rêve », et, à plus court terme, le prochain tournoi handi, en mars, à Biel, en Suisse. Un jour, c'est vers les enfants en difficulté qu'elle investira ses forces. Pour l'heure, chaque matin, c'est à Sauvaigo qu'elle s'entraîne avec son coach de tous les maux, Olivier Vergonjeanne. Elle en fauteuil. Lui en rollers. Ensemble, c'est tout.

Gaëlle Arama
Nice-Matin
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